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                                                                                                                 AZAZEL

Lieu du désert où, le jour de Yom Kippour (Grand Pardon qui célèbre la fin de la période de repentir commencée à la fête du Nouvel An juif), et selon la prescription contenue dans le Livre du Lévitique (chapitre 16), le Grand Prêtre du Temple de Jérusalem envoyait le "bouc émissaire" chargé des péchés d'Israël. Ce nom était sans doute celui d'un mauvais esprit du désert, et les traditions ultérieures l'appliquent à un démon, voire au prince des démons: Satan. Des écrits de la kabbale (mystique juive) en font aussi la combinaison de deux anges malins: Ouza et Azaël.



                                                                                    Malédiction de la chèvre

C'est un maléfice très puissant pratiqué surtout en Afrique et dans des pays arabes. Etant donné que la magie est universelle, on le pratique aussi ailleurs, de plus en plus, mais à un degré moindre.
Selon la force téléguidée de la damnation, on utilise une chèvre blanche pour des peccadilles ou une chèvre noire pour nuire, pour dévier quelqu'un du tracé de sa destinée..
La malédiction de la chèvre est un rituel très puissant et efficace pouvant aller jusqu'à la mort lente de la victime.
Seul un opérateur compétent et sérieux peut contrecarrer, à l'aide de rituels appropriés, les méfaits de tels sortilèges. Il risque aussi sa vie s'il est bloqué dans son intervention.
En magie, on dit ordinairement que le fer coupe le fer, le mal élimine le mal, le méchant corrige le méchant. Seul L'Eternel est Tout-Puissant, toutes les autres Puissances peuvent se retrouver face-à-face avec leurs contraires. Faire le bien, c'est la drogue du juste.


Zombi

Individu jugé et condamné à son insu par ses pairs, des gens de sa connaissance. Être zombifié est synonyme de la peine de mort rapide ou lente, selon les voeux de l'opérateur. Arrestation de l'âme et de l'esprit de la personne concernée. Profil catatonique.

          
 La  lampe  montée


Savez-vous qu'on peut éliminer un adversaire à l'aide d'une lampe-montée. Si la personne habite le même pays que l'opérateur, c'est archi-facile. Mais, si l'adversaire habite à l'étranger, l'opérateur devra préparer cette lampe avec des ingrédients plus énergivores et la placer sous terre, dans un trou spécialement préparé. Plus longtemps vous faites brûler l'huile de la lampe, plus son effet se manifeste, plus la victime souffre, plus sa santé décline etc...
La terre est un tout, un globe entier. Suivant le principe qui permet à Baron Samedi de communiquer avec tous les cimetières du monde, cette lampe-montée trouvera aussi sa victime n'importe où dans le monde. Et, ainsi, le processus sera hermétiquement bouclé.

                                        Envoi  et  Renvoi  des  Morts

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A la porte d'entrée du cimetière, aux pieds de Baron Samedi, on voit toujours des bougies, de toutes les couleurs, allumées par des inconnus. Souvent on observe aussi dans certains carrefours isolés d'Haïti des couis remplis de victuailles. Ces sortilèges effraient les passants et font les frais de toutes les conversations. On parle de cérémonie d'expédition ou de l'envoi d'un Mort. Peu de gens accordent une certaine crédibilité à ces scènes mystérieuses. Pourtant ce ne sont pas des ragots. Bon an, mal an elles exercent des effets désastreux sur le Corps Social Haïtien timoré, avec des conséquences économiques négatives engendrées par la peur de se lancer en Affaires. N'importe qui ne peut pas ouvrir une boulangerie, un magasin etc. sans connaître son nom vaillant.

L'envoi d'un mort est un phénomène courant en Haïti. Le bovarysme culturel et surtout la peur nous portent à le ridiculiser, à le minimiser jusqu'à le nier. Nous préférons fermer nos yeux et boucher nos oreilles afin de jouir du confort de l'ignorance. Il s'agit d'une donnée existentielle haïtienne qu'il est dangereux de reléguer parmi les histoires de Bouqui et de Malice qu'on raconte le soir aux enfants gâtés avant de les mettre au lit. Par sa négation pure et simple, on fait preuve d'une grande naïveté en s'exposant au danger qu'elle comporte. Vaut mieux en débattre une fois pour toutes.

Sur la demande d'un client, au nom de Saint Expedit, le Houngan peut déléguer un Mort ou un Samedi pour accomplir un acte criminel ou d'autres tâches bien précises. Au moment de l'invocation le Houngan place la photo de la personne visée, tête en bas. Au nom de Baron Samedi, maître des Morts, il requiert le service d'une âme trépassée et lui demande de transmettre ses ordres à Maître Carrefour qui se chargera d'atteindre la victime afin d'accomplir le forfait. Une poignée de terre sera prélevée au cimetière où la cérémonie a eu lieu pour être jetée soit devant la maison, soit sur le seuil de la porte, soit sur son parcours dans un chemin vicinal qu'emprunte ordinairement la personne ciblée. Ce procédé quasi mécanique est utilisé par les Houngans peu habiles. Pour les Houngans bien futés, point n'est besoin d'un support physique. Il suffit de communiquer le nom de la personne qui dérange, sans son adresse, à Maître Carrefour et la marchandise sera livrée à destination c'est à dire avec beaucoup plus de rapidité et une meilleure précision qu'un Courrier Postal.

En Juillet 1971, une jeune fille âgée de 18 ans, nommée Karine Cicéron (pseudonyme) , est allée passer les vacances d'été au Cap-Haïtien chez ses parents du côté paternel. Très enchantée de son séjour, elle est retournée à Port-au-Prince pour reprendre ses cours en octobre au Collège Georges Marc. A la fin de la première semaine de classe, elle est tombée malade. Tout a commencé un vendredi à 6 heures du soir par un cri perçant que sa mère, Mme Chrysostome Cicéron (pseudonyme) , a entendu en provenance de la chambre de Karine. A sa grande stupéfaction, sa fille devenait subitement méconnaissable. Elle avait le teint terne, le regard livide, le corps aussi flasque qu'un ver de terre. Elle prononçait des mots inaudibles. On dirait qu'elle était en train de se métamorphoser.

Le hic c'est que le mari de Mme Chrysostome Cicéron, un pasteur de l'Église Adventiste, vient juste de laisser la maison pour sa tournée pastorale à Kenscoff et ses environs. Il sera de retour dans la huitaine. Mme Chrysostome Cicéron, bouleversée et dépassée, a dû faire appel à l'aide de ses voisins et aux amis proches de la famille. L'un d'entre eux a vite appelé un médecin du quartier. En voyant dans quel état se trouvait la fille qu'il connaissait, le médecin chancelait sur ses jambes en reculant. Il ne s'agit pas d'un cas clinique, s'exclamait- il. Épouse de Pasteur, Mme Chrysostome Cicéron ne sait pas quoi faire en absence de son mari. Mais peut-elle laisser mourir sa fille ? Une vieille dame lui proposait de faire diligence auprès d'un Houngan de Léogâne nommé : Fòk Nanpoint.

A peine arrivé sur les lieux, le Houngan ausculta Mlle Karine Cicéron avec ses doigts, en tâtant les deux côtés de son visage. Il toucha les ongles de ses mains et de ses pieds contre la volonté de la fille qui devenait très furieuse. Fòk Nanpoint déclarait péremptoirement : cette demoiselle est l'hôte d'un Mort. Il est urgent de le chasser avant minuit. Il demandait du marc de café et de la cendre qu'on lui apportait promptement. Il traçait sur le sol un vervet figurant un cercueil, une croix, des piques, des pelles et des marteaux. Il ordonna à la fille de se coucher sur ce vervet, les bras tendus le long de son corps, les 2 pouces de la main attachés, les paumes dirigées vers le plafond. Maintenant, elle obéit passivement aux ordres du Houngan qui bourrait son nez et ses oreilles de coton ouate. Il lui attachait une moutonnière comme on fait ordinairement pour les Morts. Sous sa tête, il plaçait une pierre plate qu'il tirait de sa gibecière.

Entretemps sur une table à côté il plaçait un coui rempli de graines de maïs grillé et un autre rempli de pistaches grillées. Il allumait une chandelle noire, une chandelle jaune et une chandelle blanche. Il remplissait une baignoire d'eau mélangée avec un liquide jaunâtre qui dégageait une mauvaise odeur. Il plaçait les graines de maïs sur le front de Karine Cicéron. Fòk Nanpoint prenait un coq-poule qu'il présentait aux quatre coins cardinaux dans une imprécation presque inaudible. Il s'agissait d'une invocation faite au loa Kaplawou Penmba en lui demandant de chasser tout ce qui est mauvais et de ne laisser que ce qui est bon. Il forçait le coq-poule à béqueter les graines de maïs étendues sur toutes les parties du corps de la victime. Après avoir tout mangé, Fòk Nanpoint saisissait le coq-poule et le promenait tout au long de son corps en marmonnant une prière. Karine Cicéron se mettait à trembler. Le Houngan, d'un ton autoritaire, lui intimait l'ordre de ne pas bouger. Ensuite Fòk Nanpoint adressait sa demande aux Morts de la famille Cicéron qui sont les seuls, disait-il, capables de la tirer de ce mauvais pas.

Fòk Nanpoint saisissait vivement une cravache et se mettait à fouetter fortement Karine Cicéron qui explosait en déclarant subitement d'une voix tonitruante :

Je vous en prie ne faites pas çà. Vous n'avez pas besoin de me battre. Je vais tout vous expliquer. Pardonnez-moi ! Ce n'est pas ma faute.

 

Fòk Nanpoint, d'un ton autoritaire lui demandait : 
 
Qui vous a envoyé ici ?


Le Mort par la bouche de Karine Cicéron répondait :

C'est madame Octave Timoléon (pseudonyme) , la tante de Karine Cicéron parce qu'elle est jalouse d'elle pour avoir réussi aux examens du Baccalauréat tandis que sa fille a échoué les deux sessions. 

 

Qui êtes-vous lui demanda Fòk Nanpoint sur un ton grave et menaçant ?

Je suis Marie Cécile Point du Jour (pseudonyme) . J'ai fait mes études au Collège Regina Asunta du Cap. Je vivais à la rue 20. Je joue très bien au piano. Chaque fois que je passe devant la porte de ma maison, je vois ma maman assise sur le seuil et qui pleure. Elle n'arrive pas à se remettre de ma mort subite quand j'étais en troisième secondaire, suite à un litige terrien avec les héritiers de sa famille. Franchement je ne sais quoi faire pour sécher ses larmes. Depuis lors, je me suis retrouvée à la Fossette où je travaille chez un Houngan nommé Ti Zo. Cela fait trois jours depuis que je suis devant la porte de cette maison, je ne peux pas y entrer à cause de la présence du Pasteur Chrysostome Cicéron. Ce n'est qu'à son départ cet après midi que la voie est libre.

Fòk Nanpoint repassait le coq le long du corps de Karine Cicéron et le déposait finalement sur son flanc gauche. Il assenait un dernier coup de fouet au Mort en lui intimant l'ordre de partir :

Sortez vite d'ici et retournez dans votre pâturage. Nous sommes les seuls maîtres de cette maison, criait-il. Au même instant, le coq restait immobile puis tombait raide mort. Karine Cicéron se mettait à bouger. Fòk Nanpoint introduisait de l'ail dans sa bouche aussi que quelques graines de pistaches grillées qu'elle mâchait péniblement. Il soufflait sur son visage, lui tirait les jambes et les bras. Ensuite il versait l'eau contenue dans une cruche sur la tête de Karine Cicéron. Il brisait avec fracas la cruche en disant : Allez Marie Salope !

Fòk Nanpoint imbibait le corps de Karine Cicéron de kérosène. Il lui donnait l'ordre de se lever en l'aidant des deux mains. Il la conduisait au fond de la cour où il fouillait un trou de 30 cm de profondeur. Il y enterrait le coq-poule mort. Il y semait trois graines de maïs en récitant une prière incompréhensible et recommandait aux membres de la maisonnée de ne jamais toucher à une seule graine des épis de ces pieds de maïs. Il faut les laisser se dessécher sur pied. Les oiseaux s'en chargeront. Ainsi un marché a été donc conclu par l'intermédiaire de Fòk Nanpoint entre Baron Samedi et le loa Kaplawou Penmba. Le coq-poule servait de monnaie de change contre Karine Cicéron qui a recouvré complètement sa santé.

L'envoi des Morts est ignoré par la littérature médicale. Les disciples d'Esculape restent tout à fait ébahis devant ce cas d'espèce. La pharmacopée occidentale ne détient pas non plus les secrets de sa guérison. Il n'existe aucun remède, aucun procédé scientifique pour le renvoi des Morts. Cependant l'Église Catholique n'est pas aussi indifférente aux maléfices des Esprits. Jésus nous avait donné une brillante illustration. Voyons ce que nous dit la Bible à ce sujet :

« Lorsqu'il fut à l'autre bord, dans le pays des Gadaréniens, deux démoniaques, sortant des sépulcres, vinrent au-devant de lui. Ils étaient si furieux que personne n'osait passer par là. Et voici, ils s'écrièrent : Qu'y a-t-il entre nous et toi, Fils de Dieu ? Es-tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps ? Il y avait loin d'eux un grand troupeau de pourceaux qui paissaient. Les démons priaient Jésus, disant : Si tu nous chasses, envoie-nous dans ce troupeau de pourceaux. Il leur dit : Allez ! Ils sortirent, et entrèrent dans les pourceaux. Et voici, tout le troupeau se précipita des pentes escarpées dans la mer, et ils périrent dans les eaux. Ceux qui les faisaient paître s'enfuirent, et allèrent dans la ville raconter tout ce qui s'était passé et ce qui était arrivé aux démoniaques.  » (Mathieu 8 : 29 à 33) Louis Segond

A l'audience générale du 15 novembre 1972, le Pape Jean Paul IV disait : «  Ce dont l'Église a surtout besoin aujourd'hui c'est surtout de se défendre du démon. Pour renchérir le Pape Jean Paul II déclarait le 24 mai 1987 : «  La brisure, le déséquilibre intérieur de l'homme ne sont pas seulement des conséquences du péché originel, mais aussi l'effet de l'action dévastatrice et obscure de Satan. »

La leçon à tirer de cette scène d'envoi et du renvoi du défunt Marie Cécile Point Du Jour sur Karine Cicéron c'est que le Mort ne pouvait pas pénétrer dans la maison grâce à l'aura du Pasteur Chrysostome Cicéron. Il a fallu son départ pour s'emparer de sa fille. Nous pouvons conclure que la prière joue un rôle considérable pour la protection de l'individu contre les esprits malins. Qui que vous soyez, où que vous soyez, faites de la prière votre bouclier ! L'exorcisme est une pratique courante de l'Église catholique.

L'Abbé Campion a dressé l'inventaire des Oraisons aussi bien les conditions ambiantes permettant d'arriver à des résultats aussi efficaces qu'efficients obtenus par nos Prêtres Vodou. Le Crucifix et l'Eau bénite sont des atouts indispensables. Les prières de délivrance peuvent être dites par toutes personnes laïques en danger. Pour mieux vous guider nous vous en offrons une brochette :

1.- O Dieu Créateur et Défenseur du Genre humain

 2.-O Sauveur Jésus Christ

 3.- Contre tous les maux diaboliques.

 4.- En l'honneur de la Sainte Trinité.

5.- Prière à la Reine des Anges.

6.- Prière à Jésus pour être libéré.

7.- Pour obtenir la libération par la confiance en Dieu.

8.-Puissance du Nom de Jésus

9.- Prière à Marie contre les influences diaboliques

10.- Prière de libération (pour une assemblée)

11.- Délivrez-nous du mal.

12.- Acte d'abjuration (cette prière s'adresse surtout à ceux et à celles qui veulent rompre leurs liens maléfiques avec certains esprits pour renoncer au monde de l'occulte)

13.- Prière pour chasser le mal.

14.- Invocation de délivrance à Sainte Claire

15.- Pour libérer les lieux et les personnes

16.- Prière contre le mauvais ou contre un mauvais sort dû à la jalousie

17.- Prière de renoncement

18.- Pour chasser toute magie et affaiblir les forces sataniques.

19.- Prière contre les maléfices ou autres nuisances, sortilèges avec l'aide du démon

20.- Prière pour être protégé contre les puissances des ténèbres et préservé des embûches du malin

21.- Prière à Saint Michel Archange.

22.- Exorcisme de la médaille de Saint Benoît

23.- Exorcisme contre Satan et les Anges apostats

24.- Prière à Saint Joseph terreur des Démons.

25.-Chapelet du Cœur de Marie (La Flamme d'Amour)

26.- Prière à la Vierge Marie qui préserve des châtiments

27.- Prière à Notre seigneur pour obtenir la guérison intérieure

28.- Prière pour la guérison physique.

Nous n'avons pas besoin d'être prêtre ou évêque pour renvoyer un Mort. L'Exorcisme est un pouvoir que Jésus Christ a accordé en général à tous les croyants et en particulier à chaque Chrétien en tant que baptisé. Écoutons, selon Marc, les dernières paroles de Jésus après sa résurrection juste avant de monter au ciel :

« Après cela, il apparut, sous une autre forme, à deux d'entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne. Ils revinrent l'annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus. Enfin, il apparut aux onze, pendant qu'ils étaient à table ; et il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur coeur, parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité. Puis il leur dit : Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues. (Marc 16 : 12 à 17) Louis Segond.              (Jean Erich René)



En Haïti, "les esprits savaient"
LE MONDE | 22.01.2010
Port-au-Prince, Envoyée spéciale.

Comment oublier ce 5 janvier ? Comment ne pas se dire que les esprits, ce soir-là, avaient lancé un signe et tenté de prévenir ? A leur façon bien sûr, codée et mystérieuse. Difficile à interpréter. Mais enfin, leur comportement si étrange, une semaine avant le séisme, était à l'évidence un message. Et Jean-Alex Marc, prêtre vaudou à Tabarre, un faubourg de Port-au-Prince, reste troublé par le souvenir. Il n'avait pas su voir.


C'était pour lui un grand jour, et la cérémonie qu'il avait longuement préparée promettait d'être à la fois fervente et délirante. "Une tradition pour moi ce 5 janvier. On l'appelle le "couché yanm", la communion de tous les esprits. Autant dire que c'est plein d'énergie !" Il avait invité d'autres hougans (prêtres vaudous), des dizaines d'initiés ; et très vite, après une longue prière, les tambours s'étaient déchaînés. Les esprits invoqués étaient venus, comme attendu. Mais ils étaient, comment dire, réticents. "Ils ne parlaient pas, ne mangeaient pas, ne festoyaient pas. Ils pleuraient. C'était bouleversant."
Papa Ogou, d'ordinaire si joyeux et festif, ne disait pas un mot. Les guédés (esprits des morts), qui ne craignent rien puisqu'ils ont déjà vécu, et forment une famille volontiers chahuteuse et paillarde, restaient mystérieusement éteints. Les chants et les danses ont quand même traversé la nuit. Mais au petit matin, le prêtre était perplexe. Et interrogeait ses pairs. Que s'était-il passé ? Où était l'erreur ? Avait-il commis une faute ? Fallait-il refaire la cérémonie ? "J'ai mis du temps à comprendre. Même le jour du séisme, je n'ai pas fait le lien. Mais l'évidence m'est apparue. Les esprits savaient qu'Haïti allait souffrir."
"Bien sûr, ils le savaient !", s'exclame André Ismaite, hougan lui aussi dans la commune de Tabarre, dont le temple - le hounfort - qu'il avait mis tant de temps à construire, s'est effondré en quelques secondes. "Nous étions avertis depuis le mois de novembre." Avertis ? "Disons que les esprits nous prévenaient par signes, par songes, par paraboles. Mais il y a tant de problèmes dans ce pays qu'on ne savait qu'attendre. Un énième soubresaut politique ? Un choc économique ? Quel tort de ne pas prendre plus au sérieux nos songes !" Qu'auraient pu faire les hougans, de toutes façons, s'ils avaient fait la bonne interprétation ? "Le gouvernement nous exclut, nous ignore, nous méprise", regrette André Ismaite. "On invite les pasteurs et les prêtres au palais présidentiel. Mais on fait comprendre qu'on n'y souhaite pas de cérémonie vaudoue. Quelle hypocrisie ! Ce pays a été fondé sur le vaudou. Tous les Haïtiens, qu'ils se proclament catholiques ou protestants, ont le vaudou dans le sang !"
L'itinéraire de Jean-Alex Marc n'était pas écrit à l'avance. Elevé par une maman catholique pratiquante éprouvant pour les rites vaudous une grande méfiance, il a beaucoup fréquenté l'église, avant d'être séduit par les Témoins de Jéhovah. Jusqu'à sa maladie. Soudaine. Mystérieuse. "Un 1er janvier, je me suis retrouvé aveugle. Sans raison apparente. Puis mon coeur a enflé. A la perplexité des médecins. Enfin, j'ai traversé une période de folie, avec de vrais délires. Et c'est à son issue que j'ai pris conscience de ma vraie place. J'étais un réclamé des esprits." Une cérémonie l'a confirmé : il était choisi pour être hougan. Impossible de refuser. A moins d'endurer des souffrances jusqu'à la mort. "Je voulais sauver ma vie. J'ai consenti. Et ma santé s'est rétablie."
Depuis, il officie dans une petite communauté pauvre qu'il chérit et dont il est, dit-il, malgré ses 36 ans, le "papa". Il organise les grandes cérémonies du calendrier vaudou, des mariages, des actions de grâces demandées (et payées) par des particuliers. Il sert de conseiller, de confesseur, d'arbitre, de psychologue. Et dans la petite cour entourée de bananiers et située entre son domicile et le petit hounfort qu'il nous fait visiter avec fierté, il reçoit sans cesse de la visite. Son téléphone portable est ouvert à tous.
Depuis le 12 janvier, "jour effroyable", il sonne sans arrêt. Pour poser mille questions : Pourquoi ? Quel sens ? Que faire ? Y a-t-il eu faute, donc punition collective ? Et puis, que faire des morts ?... Il a mûri ses réponses, littéralement "malade" de la souffrance de ses fidèles. "Dieu a créé le monde parfait ; nous les hommes, par ignorance ou méchanceté, l'avons dégradé ; on paie la conséquence. Mais Dieu et tous les esprits bien heureux peuvent alléger le fardeau."
Les cérémonies pour les morts ? Il ferme les yeux et soupire. Ah, les morts... Ces corps broyés sous les gravats. Ces cadavres suintant sur les trottoirs ou jetés dans des fosses communes. Comment ne pas frémir ? Comment ne pas s'épouvanter de cette violente entorse aux rituels du culte qui imposent notamment le dessounen, pratiqué juste avant ou juste après trépas pour libérer le corps des esprits qui le possédaient ? Mais il se veut pragmatique. Et apaisant. "Allons ! La grande catastrophe du 12 janvier balaie toute normalité. Adaptons-nous. Le corps, après tout, n'est qu'enveloppe. Débarrassons-nous des cadavres pour la sauvegarde de tous. C'est l'esprit qui importe. Nous ferons les cérémonies plus tard."
Son collègue approuve. Les hougans de la zone viennent d'ailleurs de se réunir pour décider des procédures. D'abord, bien sûr, se joindre à la prochaine cérémonie oecuménique prévue par le gouvernement. Ensuite se mettre à l'écoute des esprits qui indiqueront ce qui est bon et juste de faire pour les morts. Enfin, prévoir pour le 13 janvier 2011, soit un an et un jour après le séisme, la cérémonie essentielle du "brulezin". Les morts, dit-il, y parleront, donnant une explication à la fureur du séisme. "On sera prêt, alors, à les entendre. En ce moment, ça vacille nos têtes. Personne à Haïti n'est d'aplomb."
 
Annick Cojean
Article paru dans l'édition du 23.01.10
 

Haiti-Occulte: De plus en plus de meurtres liés à l’occultisme
Posté le 28 décembre 2009

De plus en plus de meurtres sont liés à la magie noire, surtout en cette période de fin d’année où d’habitude la sorcellerie est en flèche en Haïti.
L’un des premiers cas à avoir fait grand bruit au cours de l’année 2009 est survenu dans le Sud d’Haïti où un groupe de personnes participant à une veillée de prière ont été tuées au cours de la nuit.  Signe particulier, les victimes portaient sous la plante des pieds un cœur transpercé d’une flèche. Le crime était signé. Les survivants du drame ont déclaré avoir été aux prises avec une « force d’origine inconnue ».
La même expression est revenue dans la dernière tragédie de ce type survenue cette fois à Pétion-Ville, dans les hauteurs de Thomassin où une famille a été pratiquement terrassée. 4 personnes ont trouvé la mort dont un bébé, cinq autres ont été conduites à l’hôpital dans un état grave, indique l’agence Alertehaiti.  Selon l’agence, aucune trace de blessures, n’a été retrouvée sur les corps. Aucun signe indiquant que les personnes retrouvées mortes ou inconscientes ont été victimes de violence.
Aucun signe de cambriolage n’a non plus été observé non plus, précise le site qui révèle qu’un autre cas de ce genre a été enregistré dans la zone de Fort Jacques, Kenskoff, Pétion-Ville.  Selon, le porte-parole de la police, les survivants du drame racontent avoir été confrontés à une « présence d’origine inconnue », ce qui laisserait supposer qu’il s’agirait de magie noire, en attendant les résultats d’une enquête policière.
A Jacmel, il y a deux quelques semaines, une quarantaine de jeunes filles d’une école privée ont quant à elle déclaré avoir été mis en présence de « choses bizarres » avant de s’évanouir simultanément. Aucun mort n’a été dénombré.
Toujours dans la ville touristique, au cours de la période de fêtes de fin d’année, un président de « bande Chanpwel » a, sur les ondes d’une station de radio de la capitale (très sérieuse et de grande écoute) mis en garde ses pairs « d’opérer » à la nuit de Noël et du nouvel an. Histoire de laisser les « profanes » s’amuser toute la nuit en toute quiétude.
A Miragoâne, un jeune homme a été retrouvé mort chez lui avec un trou dans la gorge. Son gosier a été enlevé. Beaucoup d’autres assassinats tout aussi inexplicables et cruels se produisent à cette période de fin d’année en Haïti.
« La police reste perplexe face à des crimes de ce genre », a déclaré le porte-parole de la PNH. La police se garde des fois d’intervenir, elle-même paralysée par la peur.  Haïti a depuis 2003 institué le vodou comme religion officielle. Depuis, les associations de vodouisants ont pignon sur rue et se multiplient à travers le pays.
En Haïti, la loi haïtienne ne prévoit aucune sanction contre les meurtriers agissant sous le couvert de mysticisme. Pour la plupart des législateurs haïtiens, qui disposent de sorcier personnel (qu’on appelle hougan ou bocor), la sorcellerie est censée ne pas exister.  En Haïti, la politique et le vodou sont très liés. Pour preuve, un jeune sorcier ayant adopté la foi évangélique à Carrefour, banlieue sud du pays, a confessé avoir été le bocor attitré d’un ancien premier ministre ayant des ambitions présidentielles. JJ/HPN



                    Paroles prophétiques de Maître Edner Fleurant (FIICCS)

    La planète va bientôt entrer dans une dimension supérieure.Toutes les conditions sont déjà réunies pour que la Terre passe à la 5e dimension, c'est-à-dire qu'elle va entrer dans un champ magnétique beaucoup plus puissant. Toute âme qui n'est pas prête à recevoir cette surcharge d'énergie avec la planète Jupiter, qui va devenir un nouveau soleil dans notre système, aura à se désintégrer. Elle va laisser son corps pour aller dans un endroit approprié à son niveau dans un autre système solaire. Un film de Wills Smith, «Je suis une légende», décrit l'état de la Terre qui, en 2012, sera dans une période d'agitation et de bouleversement pour la planète entière.

                                           La véritable histoire de Lavil Aukan

Entre Port-de-Paix et Saint-Louis du Nord se trouve un centre sinon le plus, du moins l’un des plus mystiques de la République d’Haïti. Pendant longtemps, ce lieu est resté connu seulement des grands initiés, des ésotéristes et des mystiques du vodou. Lavil Aukan a son origine dans l’époque coloniale française. En voici l’histoire.

En ce temps-là, c’était à la Croix-des-Bossales à Port-au-Prince que les négriers  débarquaient leurs cargaisons de nègres achetés des comptoirs de vente en Afrique ou ravis des rivages de ce continent. De la Croix-des- Bossales, ces marchandises humaines étaient acheminées vers les domaines coloniaux dans divers points de St-Domingue. Main-d’œuvre gratuite destinée à enrichir les colons et la Métropole dans les sucrières, les indigoteries, les cotonneries, les cannaies, dans les plantations, en un mot. Ou dans les ateliers. Ce bétail arrivait sur commande. Parfois des colons qui n’avaient pas placé commande arrivaient de partout pour s’approprier des rejets qu’ils payaient au rabais. C’est ainsi que Barlathier, un blanc de Saint-Louis du Nord vint à la Croix-des-Bossales. Pour quelle raison ce guinéen capta-t-il son attention de prime abord ? Ce nègre n’était pas costaud, il paraissait farouche. Barlathier ne sut pourquoi cette attraction opéra si fortement sur sa décision. D’ailleurs personne ne voulut l’acheter. Donc Barlathier en fit l’acquisition à très bon marché, ce fut presqu’un cadeau. Déka, le guinéen aux gestes lents, à la mine farouche, fut estampé propriété privée de la famille Barlathier. Acquis pour le travail des champs, ce nègre, si différent des autres du domaine, fascinait le maître. Des travaux des champs, il passa aux travaux domestiques. Indubitablement, dans son statut d’esclave, c’était un privilège.

Les Barlathier étaient Bonapartistes, il semblait normal qu’ils fussent les amis de la sœur de l’Empereur de France, Pauline Bonaparte Leclerc. Celle-ci habitait l’Ile de la Tortue. En fin de semaine, la célèbre Pauline venait parfois visiter les Barlathier à Saint-Louis. Elle riait très fort, aguichait l’un et l’autre à la barbe de son mari, le Général Leclerc, qui parlait politique avec son hôte. Ce soir-là, dans cette grande bâtisse en pierres, au parquet astiqué, au toit de tuiles, les Français, inconscients de leur despotisme, s’amusaient et riaient follement en buvant du vin de France que le bateau avait livré la veille à la Vallée du Paradis et que les nègres domestiques avaient transporté sur leur tête dans des barillets bien conditionnés.

A La Douceur, à quelques kilomètres, des esclaves pour se reposer du dur labeur de la semaine écoulée, dansaient, chantaient, rendaient hommage aux Loa, sur la Rivière des Nègres.

Chez les Barlathier, le guinéen Déka, assis dans la cour, écoutait le message que rythmaient les tambours. Par intermittence, une danse provoquait des chevauchements, c’était le déroulement d’une cérémonie africaine, une cérémonie vodouesque. Par la bouche des chevauchés, le Loa parlait, instruisait, commandait. De loin en loin, les vibrations ondulaient jusqu’à la profondeur de l’âme du guinéen où s’établissait une connexion mystique. A distance, chaque syllabe prononcée, chaque rythme cadencé ouvrait un sillon dans l’âme de Déka et une étroite communication de là-bas à ici charriait mille impressions, mille sensations. Le Loa développait ses ramures de la moelle épinière au plexus solaire jusqu’aux cellules de la glande pituitaire. Les molécules de cette puissante énergie se décuplaient. Soudain, le nègre poussa un grand gémissement de douleur qui se dissipa promptement. Il ne comprenait pas cette sensation qui l’habitait. Un besoin de marcher s’empara de lui. Il se dirigea vers La Douceur. Le chien des maîtres essaya de le mordre, il n’en eut garde. Il marchait. Il ne mit pas longtemps à parcourir cette distance et arriva à l’emplacement où serait construit plus tard le Temple. Il se tint les jambes écartées, les bras en croix, paumes en l’air ; les narines dilatées face à l’Orient. Il prononça ces deux mots : « ZIL TAUKAN » qui signifient en langage « Grand arbre du centre de la terre du Messager ». Le Messager ailé, ALEGBA au grand cœur, le fils bien-aimé de Dambalah dont Déka devint le prêtre-prophète. Les esclaves accourus du rivage de la rivière des Nègres l’entourèrent. Déka se mit à prophétiser sous l’impulsion de Legba qui l’avait monté. La cérémonie continua jusqu’au matin, et ces esclaves étaient ces indigènes qui allaient bientôt combattre sous les ordres de Jacques Maurepas.  Ce dernier sera assassiné sous les yeux de sa femme et de ses enfants sur le bateau français dans la rade du Cap, et le cadavre noyé par les troupes de Rochambeau.

Désormais, le prêtre-prophète de Zil Taukan, déformé Lavil Aukan s’appellera le Déka. Son initiation se fait en rêve. Depuis plusieurs années qu’est mort le dernier Déka, personne ne l’a remplacé.

« Il ne sera pas remplacé de sitôt ; aucun de mes serviteurs n’en est digne. Dans la cour de mon temple, il y a mon arbre reposoir et ceux de tous les Loa qui régissent les eaux et qui habitent Ifé, l’Olympe des Dieux Vodou. La pureté la plus parfaite doit régner dans mon temple, dont le vestibule en est le gardien. Une personne en deuil ni une femme en menstruation ne peuvent fouler le seuil de ce vestibule. Le deuil rappelle la tristesse et le sang des menstruations celui des sacrifices. Je me rends aussi chez les morts. Gardien des Carrefours, j’accompagne les âmes jusqu’à la barrière, je les dirige de mon bâton dont le haut représente une couleuvre, attribut des médecins. Le même que portait Mercure. Entre Guédé Nibo et moi, il y a  certaines affinités. J’ouvre les portes de la vie, il ouvre celles de la mort. J’ouvre les cérémonies, les siens les clôturent. Lui et moi partageons le Poteau Mitan, le phallus d’Osiris ».  Paroles de Legba.

 

                 
                                                         Vérité sur les Zombis

Le scandale de Ciliane, cette femme décédée en 2005 et qui a regagné ses pénates le vendredi 11 juillet 2008 à Bande du Nord, section communale de la commune de Cap-Haïtien, vient de relancer les débats sur les aspects ténébreux et mortifères du vaudou. Malheureusement bon nombre de nos compatriotes refusent d'en parler par crainte d'être ridiculisés. D'autres les classent dans un monde purement onirique, meublé de comptes pour satisfaire les esprits friands d'émotions fortes. Devant l'évidence des faits, il faut se découvrir. Il ne s'agit pas d'un film monté dans les studios de Hollywood. Ciliane morte il y a 3 ans, aujourd'hui rejoint sa famille à Fort Bourgeois, par suite du décès du Houngan bien connu à Port Margot sous le sobriquet de Ti Boss qui l'avait gardé en captivité pour profiter de sa force de travail avec 1000 autres esclaves clandestins libérés par ses fils. Nous en profitons pour placer la zombification dans son contexte historico-social et faire comprendre aux incrédules le danger qui les entoure.
La zombification n'est pas un épiphénomène c'est-à-dire un phénomène sans aucune importance. Elle a des retombées périphériques néfastes sur l'économie, la société et la politique nationale. Dans le cadre de cette analyse, à cause de l'ampleur du sujet, nous privilégions l'aspect économique. Nous avons déjà identifié les variables qui instrumentalisent le développement économique d'Haïti. Nous avons monté l'équation mathématique capable d'activer notre croissance en tenant compte de des paramètres nationaux. Après de multiples essais théoriques, les résultats sont probants. Mais nous nous heurtons à deux contraintes majeures : le
créole et le vodou. Pour votre édification la plus complète, posons la fonction mathématique de développement d'Haïti en ciblant l'année 2006:

V (2006) = N (2004)( 1 + Y)3/ T (2004) * 1-u / (1- l ) 3 +(K+ V)
ici 3 est un exposant

La première partie fonctionne à merveille puisque nous avons pu calculer les variations dues à la productivité du travail, le montant de l'aide extérieure nécessaire, le taux d'épargne nationale correspondant, la croissance éventuelle du Produit Intérieur Brut ou PIB. Nous avons résolu avec satisfaction les contraintes relatives à l'aide extérieure, à la productivité du travail, au taux d'épargne aussi bien que leurs effets combinés. Mais le créole symbolisé par (K) et le vodou par (V) constituent deux barrières infranchissables. Il faut les résoudre si on veut que Haïti participe au concert des Nations développées du monde.

Nous avons déjà engagé un débat assez houleux sur l'importance du créole comme langue de communication idéale pour la diffusion des concepts scientifiques qui doivent précéder l'ère du développement économique d'Haïti. Le vodou tel qu'il est pratiqué nous maintient encore dans les ornières du sous-développement. La zombification qui est très active en Haïti nous prouve que notre société est encore au stade moyenâgeux. Le cas de Céline est typique de ces phénomènes inexpliqués et non révélés qui rongent discrètement les assises de la société haïtienne. C'est pourquoi nous recommandons fortement « La Nouvelle Donne » afin de sortir des sentiers battus. Il nous faut renoncer à la Culture Griot qui prône l'oralité et fait du Vodou une secte secrète et notre principale source de malheur. La dimension politique du vodou n'est pas à négliger puisque certains Présidents d'Haïti consultent les Houngans pour prendre le pouvoir. Ti Boss a été sollicité en maintes fois par nos Hommes d'Etat. La filiation vodou politique est une réalité nationale de tous les instants. Pour clarifier les données de la problématique et arriver à une solution optimale, nous vous invitons à partager les résultats de nos recherches effectuées au cours de ma carrière d'agronome dans nos communautés rurales.
Après un constat aussi choquant nous voulons rompre le silence complice de la Culture Griot qui a contribué à enterrer la Nation et nous militons pour "La Nouvelle Donne" en dévoilant certains secrets inutiles du vodou qui à ce point de vue ne font qu'endeuiller les familles et bloquer le développement économique d`Haïti. Nous allons employer la pédagogie du dialogue pour vous permettre de bien comprendre la zombification et la solutionner le cas échéant en répondant aux questions suivantes :
Qu'est-ce qu'un zombi ?
Comment les loups-garous tuent-ils leurs victimes ?
Comment font-ils pour lever un mort ?
Quelle est la solution à la zombification ?

1.-Qu'est-ce qu'un zombi ?

Un zombi c'est un homme ou une femme dont le décès a été cliniquement constaté et dont les funérailles ont eu lieu au su et au vu de tout le monde. A la faveur de la nuit une bande de malfaiteurs nommés loups-garous, cassent la tombe, font sortir le cercueil et lèvent le mort. Il n'y a rien de mystique. C'est du vagabondage pur et simple. Un conteur (conducteur) l'enveloppe dans son linceul et le conduit chez un bòkò. En l'occurrence, Ti Boss de Port Margot qui le garde dans une maisonnette ordinairement appelée JWAL située dans un endroit hors de la vue des passants. Ces zombis seront loués aux cultivateurs, moyennant argent comptant, pour les travaux de sarclage, d'arrosage etc.

2.- Comment les loups-garous tuent-ils leurs victimes ?

On évoque toutes sortes de maléfices tels que : une poupée que l'on pique au nom de la personne avec une aiguille, envoûtement, expédition, l'envoi d'un mort etc. que nous pouvons aisément vous expliquer dans d'autres articles sur le vaudou. Mais le cas le plus courant c'est l'empoisonnement. Il existe une plante en Haïti nommée : CONCOMBRE ZOMBI qui pousse avec luxuriance c'est à dire comme une herbe folle, partout en Haïti. Sur le plan botanique le CONCOMBRE ZOMBI dont le nom scientifique est : MOMORDICA ELATERUM appartient à la famille des CURCUBUTACEES. Elle contient une drogue puissante dont le principe actif est identifié sous le nom de : ELATERINE. Selon le Docteur René Toussaint qui a fait des recherches très poussées sur la zombification: « Le premier tour de l'opération zombi est en effet une intoxication dont la caractéristique essentielle est qu'elle permet d'induire un état de faiblesse tellement marqué que la victime évolue vers l'atonie musculaire. Les muscles volontaires encore appelés muscles de relation ou muscles de la vie sont sélectivement atteints tandis que les muscles lisses comme les muscles participant à la mécanique respiratoire, muscle cardiaque c'est-à-dire ceux dont la mobilisation est indépendante de la volonté du sujet sont touchés dans une moindre proportion. » Les battements du cœur que l'on considère comme signe de vie sont tellement faibles qu'on ne peut pas les entendre même avec un instrument acoustique comme le stéthoscope que possèdent nos médecins dans nos hôpitaux sous-équipés. Au dire du Docteur René Toussaint : « Il est presque certain que des techniques plus sophistiquées telles que : électroencéphalographie, électrocardiographie eussent révélé des signes de vie. » L'immobilité, la cessation des battements cardiaques, la disparition
du pouls des signes ordinaires confirment la mort apparente du sujet. Il ne reste qu'à chanter ses funérailles. Les méchants sont très rusés.

3.- Comment font-ils pour lever un mort ?

Tous les maçons du cimetière, les gens qui baignent les morts aussi bien que les fossoyeurs font partie du cercle des loups-garous. Les croque-morts de nos morgues privées et de nos hôpitaux sont bien au courant. Ils peuvent identifier aisément les victimes des loups-garous mais ils observent scrupuleusement la loi du silence sous peine de mourir à leur tour.
Les maçons du cimetière ordinairement brassent un mortier maigre c'est-à-dire avec très peu de ciment. Le soir venu il est aisé de passer une truelle pour enlever les blocs qui avaient fermé la cave. Ils retirent le cercueil en l'inclinant la tête en bas afin de faire affluer le sang dans la tête du faux mort et irriguer à nouveau son cerveau. On enlève le mort du cercueil, on lui fait ingurgiter une potion faite de feuilles de concombre zombi trempées dans du clairin. On peut aussi parfumer le mort avec des feuilles de concombre zombi que l'on fait brûler. La fumée que respire le mort le remet en vie. Ensuite on frotte ses membres qui sont ankylosés c'est-à-dire après une journée passée dans le cercueil, il souffre de crampe. Donc, on est obligé de masser ses membres en les frictionnant.
Le mort apparent une fois réveillé de sa léthargie, on lui fait prendre un bain d'eau froide pour retaper ses sens. On lui administre de violents coups de fouet, non par méchanceté, mais pour réveiller son système périphérique et réactiver ses muscles afin qu'il puisse marcher et se rende chez le Houngan, sous l'ordre du condeur (conducteur). Ordinairement avec une bande de tissu, on lui serre les mâchoires afin de l'empêcher de crier.
On enveloppe son corps avec un drap blanc pour empêcher aux couche-tard de
le reconnaître. On passe une corde à sa taille pour mieux ajuster le drap
afin de ne pas entraver sa marche. Le condeur tient l'autre bout de la corde. On attache ses deux bras en arrière ou bien encore ces deux pouces en avant afin de le déséquilibrer au cas où il tente de prendre la fuite. Avec les poings ou les pouces liés, il va tomber et devient facile à rattraper.

4.- Quelle est la solution à la zombification ?

La diffusion de la connaissance transcendantale via Internet et d'autres moyens de communication est la méthode idéale pour combattre la zombification, ce fléau bi séculaire qui ronge la société haïtienne. Nous sommes victimes à la fois de la misère, de l'ignorance, de la jalousie, de la haine, de la méchanceté de nos compatriotes et de la démission de l'Etat haïtien. Nos prêtres et nos pasteurs au lieu d'essayer d'analyser le problème afin de trouver une solution appropriée préfèrent déchouquer leurs hounfors. Pourtant le mal est inscrit dans la mentalité de nos compatriotes. Les protestants parlent de satan qu'il faut combattre avec la prière. Les Catholiques invoquent aussi St Michel Archange. Il n'y a pas de prière dans la bible contre les vagabonds mais contre les esprits malins. Jésus lui-même nous a donné l'exemple en prenant son bâton pour chasser les vendeurs du temple. Il n'avait pas prié son Père ! Donc pour combattre les malfaiteurs, il faut bien connaître leurs trucs et les neutraliser par la ruse et la force.

Outre les fruits du Concombre Zombi que les loups-garous utilisent pour tuer les gens, il y a encore les fleurs de la Digitale et les arêtes d'un poisson qu'on appelle FROUFROU. Ils ont aussi comme principe actif : L'ELATERINE. Le Docteur René Toussaint cite aussi la daturine, un alcaloïde puissant que renferment les graines de la Stramonine dont le nom scientifique est le Datura Stramonium appartenant à la famille des solanacées. La CHIMIE nous livre un produit efficace pour neutraliser ce poison : PILOCARPIL, en vente ordinairement dans toutes les pharmacies sous
forme de goutte et de piqûre. On peut facilement identifier les morts apparentes en observant les yeux de la victime qui deviennent vitreux comme les rats empoisonnés. On lui met 3 gouttes de PILOCARPIL dans chaque œil ou bien on lui fait une injection. On va assister à sa réactivation cardiaque.
Tout de suite après, il faut déménager parce que la victime est vulnérable dans son milieu de vie. Il y a quelqu'un de son entourage qui lui a administré la potion à son insu. Il ou elle peut recommencer à tout moment.
Le contact est indispensable, mais il y a d'autres méthodes plus sophistiquées.

A cette phase des débats, vous me classez carrément dans le cercle des loups
garous puisque je connais leurs secrets ? Non, je ne suis pas haussé c'est-à-dire initié. J'étais choqué, dès mon jeune âge par la mort suspecte de certaines personnes qui me sont proches jusqu'au jour où j'ai failli tomber d'une crise cardiaque, en apercevant dans un champs de café que j'inspectais dans le Nord d'Haïti, l'un de mes anciens professeurs de mathématiques, mort il y a 10 ans dans des conditions suspectes, pour avoir ravi dit-on la femme d'un ami. Et le cocu s'est vengé ! A ma vue, il devient songeur. Je me suis vite retiré pour ne pas attirer l'attention de son propriétaire. Dès lors, j'étais convaincu que la zombification est une réalité nationale. Nous devons épurer le vodou de ses gangues pour amorcer
le développement économique d'Haïti. Le vodou est une contrainte majeure dans la fonction de développement économique d'Haïti. Tant et aussi longtemps qu'on n'arrive pas à résoudre la problématique du vaudou scientifiquement, Haïti demeurera un pays économiquement atrophié.

Au cours de mes pérégrinations dans nos communautés rurales, je me suis mis à l'école de certains acteurs du vodou tant à Jérémie, à Jean Rabel dans le Nord'Ouest qu'aux Gonaives dans l'Artibonite et ses environs. Ils m'ont livré certains secrets moyennant certaines gratifications. Par bovarysme culturel, nous nous penchons sur les sociétés européennes et américaines tandis que nous sommes victimes de la réalité nationale à cause de notre ignorance. Sans une épuration et une réglementation des pratiques du vodou, il n'y aura pas de développement économique d'Haïti. Ciliane n'est pas le dernier zombi. Ti Boss n'est pas le seul Houngan qui possède des zombis pour tirer ses rentes. Il en existe des milliers sur le territoire national.(...) JER

Réflexions du GM Shamki: Toute cette littérature reflète l'opinion d'un non-initié. Il y a beaucoup de vérités dans ce texte, mais la vérité vraie qui fait partie des secrets inviolables est absente.






                                Vaudou, Magie et Sorcellerie

C'est une erreur de vouloir confondre le vaudou avec la magie. En effet, entre le Vaudou, notre religion ancestrale, et la magie, énorme et grande est la différence. La magie mène droit à la sorcellerie, à l'envoûtement, au fétichisme et au vampirisme. Le fétichisme conduit forcément à des pratiques « ouangataires et hycanthropistes.» Et c'est même un corollaire d'affirmer que le loup-garou mène droit au cannibalisme.

En effet, vaudouisants, magiciens, houngans ou bocors, loups-garous et cannibales sont aussi réels en ce beau pays des tropiques que l'existence en chair et en os du commun des mortels. C'est par manque d'information que la presse étrangère, faisant semblant d'ignorer à dessein ou non le dessous du rite africain, les loges in globo à la même enseigne et les décore tous, mais de façon injustifiée, de l'épithète de cannibalisme. Erreur fatale qu'il faudrait vite réfuter ! Les vaudouisants sont loin d'être des cannibales. En Haïti, c'est parmi les vaudouissants que se recrutent les meilleurs guérisseurs de la médecine traditionnelle. Les adeptes des cultes réformés critiquent à tort et à travers la religion catholique du fait que certains loas existant dans le culte du vaudou sont attribués à des saints de l'Eglise catholique qui sont considérés par plus d'un comme une sorte d'intermédiaires entre les fidèles et leur créateur. D'où le syncrétisme catholique vaudou.

Du point de vue étymologique, le Larousse a défini le syncrétisme comme étant «la fusion de plusieurs systèmes religieux ou de pratiques religieuses appartenant à plusieurs cultures.» Il ne fait aucun doute que le syncrétisme résulte de toute une série de contacts, de mélanges de cultures et de religions. De ce fait, il n'est un secret pour personne que le phénomène du syncrétisme religieux existe à l'intérieur d'un même système ou entre deux ou plusieurs systèmes religieux différents. C'est dans cet ordre d'idées qu'on peut parler de façon péremptoire du syncrétisme afro-catholique et du syncrétisme afro-protestant. Quand plusieurs religions coexistent en même temps dans une société c'est tout à fait normal que l'une n'arrive pas à absorber l'autre. C'est en coexistant ou en évoluant ensemble que l'une trouve quelque chose à emprunter à l'autre. C'est au vaudou que le catholicisme et certaines religions des cultes réformés ont emprunté le tambour qui est maintenant très en vogue dans les Eglises catholiques et protestantes. En s'inspirant bien sûr de la méthode de bastide le moine défroqué Laennec Hurbon nous présente trois grands domaines de syncrétisme entre le catholicisme et le vaudou que nous nous empressons de résumer ci-dessous:

1-Sur le plan écologique ou dans un même espace sacré, on trouve une juxtaposition des objets du culte catholique et du culte vaudou. Mentionnons en passant quelques exemples : dans l'espace sacré du hounfort, notamment à coté des cruches, des canaries, des jarres contenant des loas ou des esprits des morts, on retrouve également des chapelets, des images, des calices, etc.

2-Sur le plan des rites et des cérémonies, il n'est un secret pour personne que généralement le calendrier vaudou fait correspondre la plupart de ses grandes fêtes à celles de l'Eglise catholique. Par exemple : dans le rite petro, le 24 juin, c'est aussi la fête de Ti-jean Dantor, le rite petro est appelé aussi «rite des deux mains.» Fait curieux et non étonnant, le 24 juin est aussi fêté grandiosement par les franc-maçons qui considèrent ST-Jean Baptiste comme leur Patron. Le 24 juillet est la fête de St-Jacques le Majeur et de papa Ogou. Le 2 novembre est la fête des morts et celles des loas Gédé, génies de la mort. Préfet de Baron Samedi, gédé est aussi le secrétaire de Ogou. Mais Ogou adresse toujours de sévères reproches à son secrétaire qui cherche toujours à courtiser sa belle maîtresse Erzuli Fréda. Quant à Baron Samedi, commandant en chef des cimetières et préfet d'Astarot, il reproche à gédé de manquer à son devoir. Car Gedé laisse assez souvent le cimetière pour aller vagabonder ailleurs, négligeant ainsi son rôle de fossoyeurs.
Au niveau de l'administration des sacrements comme l'eucharistie et le mariale, l'adepte, avant de prendre une décision quelconque, doit en tout premier chef se remettre aux loas avant de recevoir ledit sacrement catholique qui est une condition ou un complément nécessaire du vaudou. En d'autres termes, l'adepte du vaudou, avant de prendre une décision importante, doit consulter d'abord ses loas protecteurs.

3-Généralement, sur le plan des représentations collectives, chaque loa correspond à un saint figurant dans les chromos du vaudou. C'est pourquoi, après chaque traitement ou guérison, le houngan ou la mambo recommande toujours à son client ou sa cliente d'entreprendre un pèlerinage aux fins de rendre grâce aux saints invoqués au cours de la guérison. Par exemple, Erzuli Fréda Dahomen correspond à la vierge d'Altagrace, Papa Ogou à St-Jacques le majeur qui est célébré le 24 juillet dans le Nord, Dambala à St-Patrice, St-Gérard à Gédé et en outre, comme nous allons voir plus loin, chaque catégorie de loas renvoie à des espèces animales, végétales et minérales, et en particulier à des activités sociales et à des comportements humains. Ainsi donc, le vaudouisant se situe dans un environnement naturel, social et symbolique en général avec lequel s'établit une communication permanente.

Aussi donc, cet essai sur le vaudou, Magie Noire et Sorcellerie en Haïti n'a nullement la prétention d'innover dans le domaine du vaudou, mais de le présenter sous une optique nettement différente à partir des expériences vécues et de nombreuses enquêtes entreprises à travers le pays et la diaspora.

Nous n'avons nullement l'intention de critiquer nos prédécesseurs. Au contraire! Nous ne pouvons que leur rendre une tribu d'hommages pour avoir tracé la marche à suivre et nous permettre de marcher à pas de géant sur leur brisée et nous mettre en mesure d'insuffler un sang neuf au vaudou qui constitue en quelque sorte l'éthos de la culture nationale d'Haïti. Cette étude vise également à démystifier le vaudou que des gens mal informés considèrent non comme une étape importante de la culture Haïtienne, mais comme de la magie noire ou de la sorcellerie.

Faut-il établir en toute objectivité la ligne de démarcation qui existe entre le vaudou franc, la magie noire et la sorcellerie ? Sans avoir la moindre intention de les contredire, d'aucuns vont jusqu'à dire dans leur morgue et leur mauvaise foi, ou du moins pour donner libre cours à leur discrimination que le vaudou est responsable de nos déboires et de notre sous-développement. C'est une erreur qu'il faudrait vite réfuter. Le vaudou n'est pas responsable de la situation lamentable du peuple haïtien et de notre statu quo. Nous pensons qu'il faudrait chercher ailleurs les causes de nos retards, mais non pas à travers le vaudou. On dit que le vaudou se situe à la base même de notre mentalité superstitieuse, nous n'en disconvenons peut-être pas. Mais pour rendre un hommage bien mérité à la vérité, nous voyons que toute religion, quel que soit le degré de civilisation et de progrès du pays dans lequel elle évolue, a un fondement de superstition. Car si la culture forme apparemment un tout homogène, à l'intérieur même de ce grand tout, il y a des sous -cultures. Les Etats-Unis qui, à l'heure actuelle, sont considérés comme l'un des pays les plus avancés de la planète- Terre manifestent pas mal de discrimination à l'égard du numéro 13 qu'ils considèrent comme un porte-malheur. Tout ceci, c'est pour souligner à qui veut l'entendre que la superstition est loin d'être l'apanage du peuple haïtien. Pour paraphraser le fabuliste Jean de la Fontaine», le fabricateur souverain nous créa tous « leesaciers» de la même manière. C'est par l'éducation, la science et la technologie qu'on arrivera à instaurer une ère de progrès à l'humanité tout entière, mais non pas par des commentaires stériles et dénués de tout fondement logique.

A notre humble avis, ce ne sont pas les religions qui constituent en quelque sorte le goulot d'étranglement des peuples des pays les moins avancés tels que le nôtre par exemple, mais la politique de la terre brûlée, l'égoïsme, le sectarisme, la division et ses séquelles. Rien de grand ne peut se matérialiser dans la glaise du réel dans la division. Pour permettre au peuple haïtien de gravir les sentiers dorés du progrès de la science et de la technologie, une politique de réconciliation nationale s'avère nécessaire et même urgente. Dans la foulée, la religion peut jouer une fonction déterminante dans la réalisation d'une politique de réconciliation nationale en vue de l'instauration d'un climat de paix et de bien -être généralisé. Car la lutte contre la pauvreté, la misère et l'insécurité, le taudis et le minus haben ne peut se concrétiser dans la glaise du réel sans l'appui des forces morales du pays.                               Lucien Jean Bernard.

                    « Vodou Ibo » de Joseph P. Léonard


Le thérapeute Joseph P. Léonard vient de publier « Vodou Ibo ». Préfacé par le houngan Wesner Morency, ce livre de 106 pages se veut une parole de vie.

 
Le Nouvelliste : Beaucoup d'ouvrages sérieux relatifs aux mystères du « vodou » ont été publiés par des spécialistes haïtiens et étrangers de renom. « Vodou Ibo. Le petit livre de la curiosité » est le titre de votre plus récent ouvrage dans ce domaine. Pourriez-vous nous en parler un peu?

Joseph P. Léonard : J'ai réussi à montrer, entre autres, les mystères de la vie, de la mort et de la religion dans mon ouvrage qui est réparti en dix chapitres. Je dirais que le présent ouvrage est un manifeste d'initiation qui offre un enseignement ésotérique à travers des réflexions profondes.

« Vodou Ibo » est une prescription des «loas ginen» qui m'inspirent, me poussent à écrire cet ouvrage dans le but précis de rendre rayonnant mon acte de foi, en un acte de témoignage spirituel pour faire ressortir en autorité la beauté, la sublimation de cette vérité de mystère « vodou » capable d'enrichir notre nation et toute l'humanité. Venant de mon for intérieur, il parle d'une « magie wanga» en devenir, qui s'enracine dans le présent, aimantant dignement notre imaginaire, notre réel afin d'assumer en maître et seigneur notre destin de peuple.

Ce livre nous rappelle à l'ordre pour sortir de manière décisive sous la tutelle des religions étrangères qui aliènent, intoxiquent le mental de notre peuple. Ce n'est pas un livre de recherche. Il porte une parole de vie, une parole de révélation devant accompagner le peuple haïtien qui doit absolument sortir de l'asservissement.

« Vodou Ibo » entend inciter les gens à la réflexion sur Dahomey et la question de l'existence. Il possède la force de nous sortir de la peur, de la mélancolie, pour nous faire découvrir la beauté merveilleuse qui se cache derrière le voile de notre peur et de notre ignorance. Il nous permet de mieux comprendre notre mission sur terre.

Le Nouvelliste : Il faut de l'argent pour publier en Haïti, or il n'y a pas de maisons d'éditions. Où avez-vous trouvé de l'argent pour la publication de « Vodou Ibo ».

J. P. L: Pour l'instant, en plein dans le combat, ce n'est pas nécessaire de citer les noms des personnes et des instituions qui ont rendu possible la publication de mon ouvrage. L'essentiel est qu'en connaissance de cause, nous avons besoin de l'argent pour éditer d'autres bouquins qui sont déjà prêts et beaucoup de fonds pour construire le premier «monastère vodou». Dans les prochains mois, nous espérons publier un autre livre au titre suggestif et évocateur: « Devan Badji a - Nou se Bondye - nou se Bondye nan Bondye! ».
________________________
(1) LEONARD (Joseph P.), Vodou Ibo. Le petit livre de la curiosité, 106 pages
   
 
 



 
     
   
 


 

INRI +

Afin de prévenir les populations et de susciter la crainte, la crucifixion romaine prévoyait de placer au sommet de la croix, juste au-dessus de la tête du condamné, un écriteau portant le motif de la condamnation. Dans le cas de Jésus, ce titulus (inscription, en latin) est rédigé en trois langues, pour que l'avertissement soit compris de tous ceux qui résident à Jérusalem. Il s'agit de l'araméen, langue de Palestine, du latin, langue des soldats romains, et du grec, très en usage dans cette région, notamment grâce au commerce. La tradition a retenu les initiales INRI de la phrase latine: "Iesu Nazarenius Rex Iudeorum", "Jésus de Nazareth".



Théophanie

La théophanie est la manifestation directe de Dieu.
Dieu, dont on ne peut faire de représentation car il n'est pas visible, intervient pourtant à des occasions exceptionnelles et à l'aide de signes puissants. Dans le judaïsme, Moïse voit ainsi la présence de Dieu dans le Buisson ardent, puis dans la nuée lumineuse lors de l'Alliance et lorsque la Loi lui fut délivrée par Dieu au mont Sinaï ; durant l'Exode, il est, comme son peuple, guidé par cette nuée divine. Dans le christianisme, Jésus est le sujet de la Transfiguration, où son corps et ses habits se parent de la Gloire de Dieu.


Immaculée  Conception

Contrairement à ce que l'on croit souvent, l'Immaculée Conception n'est pas Marie, vierge et enfantant Jésus, mais Marie exempte de péché (sans tâche et immaculée) dès avant sa naissance. Dieu l'ayant choisie pour porter son Fils, comme le proclame l'Annonciation, elle se devait d'être pure. Cette croyance, très ancienne puisqu'on en trouve des traces à partir du V ème siècle, devint un dogme de l'Eglise proclamé ex cathedra par le pape Pie XI en 1854.

La Pierre Noire

Insérée dans l'un des angles de la Kaaba (sanctuaire), la Pierre noire est l'objet d'une intense vénération de la part des pèlerins de la Mecque. Tandis qu'ils effectuent les circumambulations autour de la Kaaba, ils l'embrassent ou lui adressent un signe. Constituée à l'origine d'un seul bloc, elle éclata à la suite d'un incendie en 683. Elle est formée désormais de trois gros fragments et d'autres plus petits, le tout cerclé d'un anneau d'argent. Les traditions abondent au sujet de la Pierre noire. Ainsi, elle était blanche mais aurait noirci en absorbant les péchés des pèlerins, ou, selon une autre version, ceux des polythéistes qui venaient déjà adorer la Kaaba avant la naissance de l'islam (622). Cette pierre, dont la matière est difficile à identifier, reprend le symbolisme antique des pierres, sièges de l'éternité et de la présence divine sur terre.

Les Tables de la Loi

Les tables de la Loi sont les deux tablettes de pierre que Dieu remet à Moïse sur le mont Sinaï, et sur lesquelles il a gravé les Dix Paroles (Décalogue). En redescendant de la montagne avec ces tables rendues légères, Moïse trouve les Hébreux en pleine adoration d'une idole, le Veau d'or. Furieux, il les brise. Dieu lui en remet deux autres, qui prendront place dans l'arche d'Alliance.

Jacques le Majeur

Jacques le Majeur est fils de Zébédée, avec son frère Jean, l'apôtre et l'évangéliste. De fait, tous deux sont appelés par Jésus, juste après Pierre et André, et forment avec ces derniers le groupe des quatre premiers disciples, les plus proches du maître et les quatre premiers cités dans les évangiles. Jacques est ainsi présent à des moments clés du ministère de Jésus: résurrection de la fille de Jaïre, Transfiguration, jardin des Oliviers. A Jésus, selon Marc (10, 35-40), les deux frères demandent s'ils pourront siéger, l'un à sa droite et l'autre à sa gauche, dans sa gloire. Jésus leur dit: "Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire et être baptisés du baptême dont je vais être baptisé ?"
Ils lui dirent: "Nous le pouvons".
Jésus leur dit: "La coupe que je vais boire, vous la boirez, et le baptême dont je vais être baptisé, vous en serez baptisés; quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m'appartient pas de l'accorder, mais c'est pour ceux à qui cela a été destiné." La tradition rapporte que la plupart des apôtres subiront le martyre.
Dans les Actes des Apôtres, en effet, Jacques périt en 44, par le glaive et sur ordre d'Hérode Antipas. D'après une tradition qui ne remonte qu'au VIIIe siècle, il aurait auparavent évangélisé l'Espagne, pui serait revenu en Palestine où, une fois mort, ses disciples auraient enlevé son corps, le transportant jusqu'en Galice. A partir du Xe siècle, sa tombe (présumée), découverte au siècle précédent, est l'objet de l'important pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Chaque année, des dizaines de milliers de pèlerins se rendent sur ces lieux, en empruntant les nombreux chemins qui partent des divers pays d'Europe.
Jacques le Majeur est appelé ainsi pour le distinguer de Jacques le Mineur, devenu apôtre après lui.


Le Buisson Ardent


Le Buisson ardent est un épisode fondateur pour les trois religions du Livre, car Moïse, qui en est une illustre figure, y rencontre Dieu. Le monastère chrétien Sainte-Catherine (dans le Sinaï), bâti au VIe siècle à proximité du site supposé de cet évènement, en célèbre la grandeur.

Dans la Bible, le livre de l'Exode(3, 1-5) rapporte que Moïse, apprenant qu'il est un Hébreu, tue un contremaître égyptien qui maltraitait l'un des siens, puis s'enfuit dans le désert. Il se réfugie au pays de Madiân (nord de l'Arabie), auprès d'un prêtre, Jéthro, dont il épouse la fille Ciporra. Un jour, il conduit son troupeau paître au bas du mont Sinaï: " L'Ange de Yahvé lui apparut, dans une flamme de feu, du milieu d'un buisson. Moïse regarda: le buisson était embrasé mais le buisson ne se consumait pas. Moïse dit: "Je vais faire un détour pour voir cet étrange spectacle, et pourquoi le buisson ne se consume pas."  Yahvé vit qu'il faisait un détour pour voir, et Dieu l'appela du milieu du buisson. "Moïse, Moïse", dit-il, et il répondit: "Me voici." Il l'interpelle: "N'approche pas d'ici, retire tes sandales de tes pieds car le lieu où tu te tiens est une terre sainte." Et il continue: "Je suis le Dieu de tes pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob." Alors Moïse se voila la face, car il craignait de fixer son regard sur Dieu." Yahvé lui confie alors la mission de libérer les Hébreux de l'esclavage tandis qu'il le protégera. Moïse lui demande son nom: "Mais s'ils (les Hébreux) me disent: Quel est son nom ?, que leur dirai-je ?" Dieu dit à Moïse: "Je suis celui qui est." Et il dit: "Voici ce que tu diras aux Israélites: Je suis m'a envoyé vers vous. C'est mon nom pour toujours, c'est ainsi que l'on m'invoquera de génération en génération.

De la formule "Je suis qui je suis" (Ehyé ache Ehyé en hébreu) sera tiré , prononciation du tétragramme YHWH.

L'Islam


L'islam est, en arabe, la soumission de plein gré à Dieu (Allah), ou plutôt le fait de s'en remettre à Dieu. Il ne s'agit pas d'une dépendance servile à l'égard d'une puissance supérieure, mais de la confiance totale mise en Dieu, le Créateur, le Miséricordieux. Le croyant est ainsi le muslim (musulman), celui qui se confie, se soumet. Il forme avec ses coreligionnaires une communauté.
Né en Arabie, l'islam repose sur un Livre (écrit révélé par Dieu), le Coran, transmis à Mahomet (vers 570 - 632), Prophète et messager de Dieu, qui dut affronter le polythéisme pratiqué par les Arabes. Parallèlement existe la parole venant du Prophète, et contenue dans les hadith et la Sunna. Profondément humain, dans la mesure où la quête du bien agir est permanente, ainsi que celle de la pureté, obtenue notamment par les ablutions, l'islam est aussi régi par une loi sacrée, ou chariah. Concernant la pratique, il s'appuie sur cinq piliers: la  shahada (profession de foi qui fait entrer dans l'islam), la salat (prières quotidiennes), la zakat (aumône), le jeûne (saum) de ramadan, le pèlerinage à la Mecque (Hadji). Enfin, un calendrier établit les différentes fêtes majeures de l'islam, dont le Ramadan est sans doute la plus connue des Occidentaux.
Le contenu de la foi musulmane est l'unicité de Dieu, la croyance aux anges, tel Gabriel (Djibril), la révélation de Dieu au travers des Livres (Torah juive, Evangiles chrétiens, Coran),  la mission des prophètes, la perspective du Jugement dernier, et la prédestination (al-qadar), qui signifie que tout est su, prévu et voulu par Dieu.
L'islam désigne aussi l'ensemble des pays du monde où la religion musulmane s'est implantée. Les musulmans se répartissent entre deux courants principaux: le sunnisme (90%) et le chiisme, auxquels s'ajoutent des groupes très minoritaires comme les kharidjites.


Un lwa du Bénin
Un lwa du Bénin
Un lwa du Bénin
Un lwa du Bénin

Le  Divin  paradoxe

Les demi-initiés, reconnaissant la non-réalité relative de l'Univers, s'imaginent qu'ils peuvent défier ses Lois; ce sont des insensés et présomptueux qui vont se briser contre les écueils et que les éléments déchirent à cause de leur folie. Le véritable initié, connaissant la nature de l'Univers, se sert de la Loi contre les lois, du supérieur contre l'inférieur, et par l'Art de l'Alchimie, il transmute les choses viles en des choses précieuses; c'est ainsi qu'il triomphe. La Maîtrise ne se manifeste pas par des rêves anormaux, des visions et des idées fantastiques, mais par l'utilisation des forces supérieures contre les forces inférieures, en évitant les souffrances des plans inférieurs en vibrant sur les plans supérieurs. La Transmutation, non pas une négation présomptueuse est l'épée ou la baguette  du Maître.

De Gloriae Olivae  >ou<  La gloire de l'olivier

                   L'olivier est un symbole de paix

L'avènement de la Paix Universelle en 2026. Ce sera la fin de la boutique Eglise, mais pas la fin du Christianisme qui est en train de renaître à la base, chez les jeunes, chez les Communautés...

Est-ce pourquoi Benoît XVI annonce la résurrection de l'Esprit avec sa devise: de gloriae olivae. Il est l'avant-dernier pape de l'histoire, puisqu'il est le 111e d'une liste qui comporte 112 noms.

111 qui correspond au nombre de la bête de Jean dans l'Apocalypse, soit 666 divisé par 6. Le dernier pape sera Pierre le Romain qui verra la destruction de Rome c'est-à-dire de l'Eglise Catholique, qui précèdera l'avènement de la Paix Universelle en 2026.

La  Causalité

Toute cause a son effet; tout effet a sa cause; tout arrive conformément à la Loi; la Chance n'est qu'un nom donné à la Loi méconnue; il y a de nombreux plans de causation, mais rien n'échappe à la Loi.

Le  Vaudou

Le vaudou est un exemple démonstratif du syncrétisme, c'est-à-dire la réunion d'une ou plusieurs croyances ou religions en une seule. Il n'est pas né en Haïti (où l'on écrit vodou), mais en Afrique, où il est toujours vivant, précisément au Dahomey, l'ancien royaume du Bénin, et au Togo. Il s'agit d'une croyance en des dieux invisibles, à des puissances naturelles louées pour qu'elles influent sur le bonheur des hommes et sur leur environnement. Cette région d'Afrique fournit de nombreux esclaves noirs qui, exilés au Nouveau Monde dès le XVIe siècle, parvinrent à conserver leurs traditions malgré les interdits de la culture occidentale blanche et chrétienne. A Haïti, ils réussirent à maintenir leur héritage linguistique et culturel, et à développer le vodou ainsi que la langue créole.

Cette religion, qui n'est pas de la sorcellerie, comme on l'affirme trop souvent, se caractérise par les lwa, les esprits, invoqués lors de cérémonies impressionnantes, individuelles ou collectives. Ces lwa forment un véritable panthéon, dont le sommet est occupé par le Grand Maître, et entretiennent des rapports avec les vivants. Tout candidat désirant rejoindre le vodou passe ainsi par une initiation, où il se laisse envahir par son lwa personnel et entre en transes. Chaque lwa est associé à un arbre, habite dans un décor naturel (cimetière, grotte, rivière...), possède sa couleur, son jour, ses offrandes favorites, son rôle spécifique, et un double catholique. Il a aussi sa manière personnelle, parfois très brutale, de posséder les humains. Citons le célèbre Baron Samdi, chef des lwa de la mort, qui, coiffé d'un chapeau haut de forme et célébré bien sûr le samedi, aime le citonnier et la couleur noire. Mais un autre exemple illustre parfaitement le syncrétisme: Èzili ou Erzulie, lwa de l'amour, est fêtée les mardis et jeudis; présentée comme une mulâtresse séduisante et lascive, elle aime le laurier, les plats raffinés, habite dans les eaux; associée à la Vierge Marie, elle est fêtée le 16 Juillet (fête de Notre-Dame du Carmel dans le calendrier catholique), le 26 Juillet (jour de la Sainte-Anne, la mère de Marie), le 30 Août (fête de Sainte-Rose)...

L'Exorcisme

L'exorcisme est l'action par laquelle on fait prêter serment (en grec exorkizien, de orkos, serment), ou plus précisément on abandonne, on adjure. En religion, ce mot est lié à l'expulsion de démons ayant pris possession d'un corps, en tête desquels figure le diable ou Satan. Si la Bible, et à sa suite le Talmud, condamne toute forme de magie et de sorcellerie, et n'évoque pas de séances d'exorcisme, nous en trouvons cependant un exemple dans la tradition juive, avec le dibbouq, démon particulièrement craint, qui, dès le XVIe siècle, fit l'objet de telles pratiques.

 Pour le christianisme, où le diable occupe une place beaucoup plus importante, l'expulsion des démons constitue une grande part des miracles de Jésus rapportés par les évangiles du Nouveau Testament, et les apôtres reçurent de lui le pouvoir d'exorciser. L'Eglise , aujourd'hui très prudente en la matière, n'exclut pas pour autant la possibilité de la possession démoniaque. Le baptême, qui fait entrer dans l'Eglise, est ainsi un exorcisme ordinaire, dans la mesure où il purifie la personne (enfant ou adulte) qui le reçoit. Les exorcismes extraordinaires, prières adressées à Dieu et adjurations au démon sont du ressort de spécialistes de plus en plus rares.

Enfin le Coran met constamment en garde contre les djinns et contre Iblis, un djinn qui tenta Adam et Eve, mais sans se référer à aucune pratique exorciste: les croyants doivent les combattre en s'en remettant à Allah, à sa protection. Dieu le rappelle: sans sa volonté, ces créatures maléfiques n'ont aucun pouvoir sur les hommes qui lui sont fidèles. En revanche, ils peuvent investir ceux qui ne croient pas. On trouve cependant des récits d'expulsion de démons dans la tradition populaire, voire dans certains faits et gestes attribués au Prophète Mahomet. 

Gog  et  Magog

Gog, roi du pays de Magog, est un personnage maléfique apparu dans la littérature apocalyptique juive. Celle-ci a pour précurseur le prophète Ezéchiel (VIe siècle avant Jésus-Christ) qui, dans son livre, consacre presque deux chapitres (38 à 39, 20) aux agissements de ce roi des puissances du mal. Après avoir répandu la terreur, semé le désordre et la destruction, Gog et ses sbires sont vaincus, terrassés, submergés par le feu de Dieu.

Dans le Nouveau Testament, Gog est mentionné dans l'Apocalypse de Jean (20, 7-8), aux côtés de Magog, devenu un personnage à part entière. Tous deux, dévoués à Satan, représentent les païens qui, à la fin des temps, combattront l'Eglise. Mais ils seront dévorés par le feu du ciel, et leur maître, le tentateur, finira dans le souffre et le brasier de l'enfer éternel.

La 18e sourate du Coran, La Caverne (94-97), se fait l'écho de cette tradition. Gog (Yadjouj) et Magog (Madjouj) sont deux peuples terrifiants, les acteurs du chaos. Dhou al al-Qarnaïm (souvent identifié à Alexandre le Grand, IVe siècle av. J.-C) parvient à les enfermer jusqu'à la fin des temps à l'intérieur d'un rempart de fer. Mais, pour la 21e sourate, Les Prophètes (21, 96), toute cité détruite par Dieu ne pourra être de nouveau habitée que lorsque ces deux peuples auront trouvé la brèche qui leur permettra de s'échapper.

Alpha  et  Oméga

Alpha et Oméga, première et dernière lettres de l'alphabet grec, symbolisent le début et la fin de toute chose, dont le monde. Ils sont à l'origine de l'expression "l'alpha et l'oméga", le commencement et la fin. Dieu est ainsi le premier, mais il est présent aussi parmi les derniers, c'est-à-dire les plus humbles, a clamé le prophète Isaïe.

Jean désigne Jésus par ces lettres dans l'Apocalypse: "...Oui, Amen ! Je suis l'Alpha et l'Oméga, dit le Seigneur Dieu, Il est et Il vient, le Maître-de-tout" (1,4-8). Plus loin, dans la vision d'une Jérusalem céleste, il rapporte: "C'en est fait ..., je suis l'Alpha et l'Oméga, le Principe et la Fin; celui qui a soif, moi, je lui donnerai de la source de vie, gratuitement. Telle sera la part du vainqueur; et je serai son Dieu, et lui sera mon fils. Mais ... tous les hommes de mensonge, leur lot se trouve dans l'étang brûlant de feu et de souffre: c'est la seconde mort" (21, 1-8).

Evoquant la parousie (retour du Christ à la fin des temps), Jean écrit encore: " J'apporte avec moi le salaire que je vais payer à chacun, en proportion de son travail. Je suis l'Alpha et l'Oméga, le Premier et le Dernier " (22, 12-13). Par ce titre, Jean rappelle que Jésus, en tant que Verbe de Dieu, était avant toute chose et subsistera quand la Création aura disparu (Jean1, 1-14). L'Alpha et Oméga figurent souvent sur la croix du Christ et sont également inscrits sur les cierges allumés à Pâques.

Marabout

Contrairement à la croyance occidentale qui attèle marabout à sorcier, médium, vodou ... le mot "marabout" s'applique à un personnage saint, à son descendant et, par extension, à toute réalité matérielle qui le concerne. Il est issu de l'arabe murabit, qui désignait autrefois le membre d'une confrérie installée dans un ribat, édifice communautaire fortifié. Le mausolée (zaouïa) qui abrite la dépouille du marabout est un lieu de dévotion, où l'on vient obtenir sa grâce (baraka). Cette forme de culte est plus particulière au Maghreb.


Haram

Haram est "ce qui est interdit", c'est-à-dire défendu, mais ausi ce qui est "sacré" -  son contraire est le halal. Il s'applique aux aliments prohibés, ainsi qu'aux périmètres de plusieurs kilomètres entourant La Mecque et Médine, deux villes sacrées (haraman): ces périmètres sont interdits aux non-musulmans (selon certains avis, ils peuvent les visiter mais non y résider), tandis que à l'intérieur de ces mêmes périmètres, les musulmans n'ont pas le droit de pratiquer certaines activités comme la chasse,excepté contre les bêtes dangereuses, et, bien sûr, ne doivent pas blasphémer ou mal se comporter. De même, à Jérusalem, troisième ville sacrée, l'esplanade du Temple, où se dressent le Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa, est haram.

Harem

Quand on évoque un harem, chacun pense aussitôt à la partie d'une demeure réservée aux femmes, et interdite aux visiteurs, notamment dans les palais des sultans. Mais cette acception n'est qu'un prolongement du sens profond de sa racine étymologique. En effet, ce mot vient de l'arabe haram, qui signifie "interdit", "ce qui est sacré". Par exemple, à Médine et à La Mecque, villes sacrées de l'islam, des zones sont dites haramaym car interdites aux non-musulmans.


Sodome  et Gomorrhe

Ces deux villes font l'objet d'un récit particulier dans le livre de la Genèse (18, 17-33 à 19, 1-29), qui les localise dans la dépression de la mer Morte. Les scribes qui consignèrent ce récit, au retour de l'Exil, c'est-à-dire plusieurs siècles après les faits, l'utilisèrent dans un but très symbolique: mettre en garde Israël contre les manquements à son Dieu, comme l'avaient annoncé les prophètes Isaïe et Ezéchiel par exemple. Sodome et Gomorrhe sont victimes de pratiques sexuelles masculines (sodomie), réprouvées par la Bible et passibles de mort (Lv 20, 13). Ces moeurs sont à mettre en parallèle avec certains mauvais comportements d'Israël à l'égard de son Dieu. Le message est précis: il faut placer sa confiance en Dieu ou mourir.

Le patriarche Abraham apprend de Dieu que celui-ci va châtier ces cités, où tous les mâles sans exception recourent à ces pratiques réprouvées. Il objecte qu'il existe peut-être des justes dans cette ville, voire un seul, qui ne mériterait pas de mourir ainsi. En fait, son neveu, Lot, se trouve à Sodome, où deux anges, venus d'abord rencontrer Abraham, lui rendent visite. Lot les acceuille avec toute l'hospitalité des Orientaux. Mais les habitants de Sodome, ayant vent de la nouvelle, exigent qu'on leur livre ces deux étrangers. Lot, son épouse et ses deux filles quittent Sodome, sur le conseil des anges. A l'aube, une pluie de feu et de souffre anéantit les deux villes.

Dans le Nouveau Testament, Jésus prolonge le message des prophètes en l'appliquant à Capharnaüm et les autres villes du lac de Tibériade. "Au jour du Jugement, il y aura moins de rigueur pour le pays de Sodome et de Gomorrhe", rapporte l'évangéliste Matthieu (10, 15). En résumé, au jour du Jugement dernier, les villes ayant connu les miracles de Jésus seront châtiées, plus durement encore que Sodome, si elles rejettent l'Evangile. Ce que confirme aussi Luc (10, 12), qui ajoute: "Mais le jour où Lot sortit de Sodome, Dieu fit pleuvoir du ciel du feu et du souffre, et il les fit tous périr. De même en sera-t-il, le Jour où le Fils de l'homme doit se révéler" (17-29). De son côté, Saint Paul, dans son épître aux Romains, déclare: " Si le Seigneur Sabaot ne nous avait laissé un germe (les exilés retournant à Jérusalem), nous serions devenus comme Sodome, assimilés à Gomorrhe" (9, 29).

Le Coran range ces deux villes parmi les *cités renversées*, aux côtés des Adéens et des Thamoud, comme le stipule la sourate 53 (L'Etoile): "Il a fait tomber la cité renversée; Il l'a recouverte de ce qui devait la recouvrir" (53). Car, dit la sourate l'Illuminé, les "prophètes (des cités renversées) leur avaient apporté des preuves incontestables. Dieu ne voulait pas les léser, mais ils se sont fait tort à eux-mêmes" (9, 70-71). Pour l'islam, la faute qu'est l'incroyance est donc impardonnable.


Dîme

La dîme (maaser en hébreu) est inscrite dans le livre de la Génèse de la Bible, où le patriarche Abraham la paye à Melchisédech, roi de l'antique Jérusalem. Il s'agissait, dans l'ancien Israël, de remettre le dixième (decima en latin, qui a donné dîme) des récoltes et du bétail aux prêtres et aux lévites du Temple de Jérusalem, afin de remercier Dieu.

L'ordre Zeraïm de la Michnah s'est intéressé de plus près aux modalités de la dîme, notamment le traité Péah, dîme pour les pauvres. Après la destruction du Second Temple, en 70 après J.-C., cette mesure fut abandonnée, et n'est plus appliquée aujourd'hui par la diaspora juive. En revanche, certains milieux religieux organisent dans l'Etat d'Israël une forme de dîme, la réservant à différents usages.

Le principe de la dîme agricole fut repris par l'Eglise catholique afin de financer les lieux de culte et le clergé, conformément à l'usage des premiers siècles du christianisme, où chacun s'acquittait d'une participation pour l'entretien et le fonctionnement de la communauté. De fait, dans le Nouveau Testament, on trouve mention d'un concours financier dans la première épître aux Corinthiens de Saint Paul: "Ne savez-vous pas que les ministres du temple vivent du temple, que ceux qui servent à l'autel partagent avec l'autel ?" (9-13).

Aux IVe et Ve siècles, ne pas payer la dîme entraîne la punition de l'anathème ou l'excommunication. Cet impôt fait l'objet d'une législation plus précise en 585, lors du Concile de Mâcon. Imposée bientôt à tous les pays chrétiens, la dîme concerne aussi bien les revenus que l'agriculture. Son produit, recueilli par les dîmiers (souvent mal accueillis), est remis à l'évêque (puis plus tard aux curés des paroisses) qui le répartit, dans son diocèse, entre lui-même, les pauvres, les clercs et les lieux de culte.

En islam, la zakat (aumône légale) est à rapprocher de la dîme.

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Massacre  des  Innocents

Le massacre des Innocents est un évènement concernant Jésus, et rapporté par le Nouveau Testament. Hérode le Grand, roi des Juifs et de la Palestine reçoit à Jérusalem des mages qui lui demandent: "Où est le roi des juifs qui vient de naître ? ... nous sommes venus lui rendre hommage".

 Certain qu'un tel roi pourrait lui porter ombrage, Hérode apprend qu'une naissance a eu lieu à Bethléem, à neuf kilomètres de là, village où les prophètes d'Israël ont situé la naissance du sauveur des juifs, le Messie. Il convoque les mages et leur donne la mission de revenir avec le maximum d'informations concernant l'enfant. Mais, ils ne reviennent pas. Furieux, Hérode décrète l'assassinat de tous les enfants de moins de deux ans, à Bethléem et ses environs. Joseph, averti par un ange, emmène Marie et Jésus se réfugier en Egypte. A la mort d'Hérode, ils iront s'installer à Nazareth, en Galilée.

Les  Dix  Plaies  d'Egypte

Le livre de l'Exode rapporte comment Moïse est chargé par Dieu de convaincre le pharaon d'Egypte de libérer son peuple, les Hébreux, qu'il a réduits en esclavage. Rendu capable de miracles, Moïse va susciter dix fléaux consécutifs de plus en plus terribles, que la tradition a retenus sous le qualificatif de "plaies d'Egypte". C'est en quelque sorte la lutte entre le bien et le mal. Ces prodiges, dont certains chercheurs ont voulu démontrer la base réelle, servent avant tout à manifester la toute-puissance de Dieu. A chacune des plaies, Pharaon accepte de laisser partir les Hébreux, puis, Moïse ayant fait cesser le fléau, il se rétracte.

Lors de la première, les eaux du Nil se changent en sang, mais les magiciens de Pharaon prouvent qu'ils sont capables d'y faire face. Ils contrent aussi la deuxième, l'invasion par des grenouilles sorties du Nil. Mais, ils ne peuvent rien contre la troisième: une nuée de moustiques, nés de la poussière, couvre l'Egypte. Viennent ensuite:  l'invasion de taons,

 la peste ravageant le bétail,

 les égyptiens et leurs animaux couverts d'une peste étrange,

 les ravages de la grêle tombant d'un ciel zébré d'éclairs,

 une nuée de sauterelles mangeant tout sur leur passage,

 les ténèbres régnant pendant trois jours.

 A chaque fois, seuls les Egyptiens étaient touchés, et les Hébreux, qui vivent au nord du pays, dans le Delta, sont épargnés.

Dieu protège donc son peuple et va le prouver avec une force extraordinaire: c'est la dixième et dernière plaie. Une nuit, tous les premiers-nés d'Egypte, humains et animaux, meurent, même le fils de Pharaon. Les Hébreux, en induisant les linteaux de leurs portes avec du sang d'agneau (origine de Pessah, la Pâque juive), ont été épargnés par l'Ange de la mort. Pharaon cède enfin. Les Hébreux empruntent la route du Sinaï. Mais, il se ravise et envoie ses meilleures troupes les pouchasser. Ces dernières, stopées par une nuée venue de Dieu, ne peuvent que les regarder traverser la mer Rouge, dont les flots se sont écartés. Quand ils se remettent à leur poursuite, les vagues immenses se referment sur eux.



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